Feux de forêts 2026

31/07/2026


Communiqué autonome · 8 juillet 2026
« Quel sapeur-pompier coûte le moins cher ? » ne peut plus être la question.

Face à l’intensification des incendies, la FA/SPP-PATS interpelle le Directeur général de la Sécurité civile et demande une adaptation immédiate des colonnes de renfort.

Les feux qui frappent notre pays ne sont plus des événements exceptionnels. Ils constituent désormais une menace durable pour notre sécurité civile et mobilisent quotidiennement des centaines de sapeurs-pompiers.

Chaleur extrême, fatigue physique, exposition aux fumées toxiques, engagements prolongés et multiplication des interventions imposent de revoir sans délai l’organisation des moyens humains.

Des conditions toujours plus extrêmes

Les personnels interviennent durant de longues périodes, sous des températures très élevées et dans des conditions d’exposition qui mettent à rude épreuve leur santé, leur récupération et leur capacité à tenir dans la durée.

Une ressource disponible et qualifiée

Les sapeurs-pompiers professionnels sont recrutés, formés et rémunérés pour répondre aux crises majeures. Pourtant, ils ne sont pas engagés dans les colonnes de renfort à la hauteur des besoins opérationnels.

Un biais économique au détriment de l’opérationnel

Le système actuel de financement conduit les services d’incendie et de secours à privilégier l’engagement de sapeurs-pompiers volontaires, dont la mobilisation est intégralement remboursée par l’État.

Lorsqu’un sapeur-pompier professionnel est projeté en renfort national, sa rémunération est remboursée, mais le SDIS perd néanmoins le temps de travail réalisé pendant la mission. Ce différentiel pénalise l’engagement des SPP alors que les décisions devraient répondre en priorité aux besoins du terrain.

Le coût ne doit jamais primer sur la mission

Les choix de constitution des colonnes ne peuvent pas être dictés par la recherche du personnel le moins coûteux. Une crise nationale exige le dispositif capable de protéger le plus efficacement la population, les biens, les espaces naturels et les femmes et les hommes engagés.

Doubler les effectifs projetés
Lorsqu’un CCFM nécessite quatre sapeurs-pompiers pour être engagé, huit personnels devraient être projetés afin de permettre l’alternance des équipages, les relèves et les temps de récupération indispensables.

Organiser de véritables relèves

Les engagements prolongés ne permettent plus de raisonner selon la seule logique de l’armement réglementaire des engins. Le dimensionnement des colonnes doit préserver durablement les capacités opérationnelles.

Protéger réellement la santé

Les personnels sont exposés aux toxiques, parfois sans protection respiratoire, tandis que les épisodes répétés de canicule aggravent l’usure et les tensions supportées par l’ensemble des sapeurs-pompiers, professionnels comme volontaires.

Ce que demande la FA/SPP-PATS

Engager davantage les SPP au sein des colonnes de renfort, en fonction des besoins opérationnels réels.

Modifier les modalités de financement afin de compenser la rémunération, mais aussi le temps de travail des personnels professionnels engagés.

Comptabiliser intégralement le temps de travail réalisé pendant les missions de renfort, sans régime d’équivalence.

Réviser le dimensionnement des colonnes pour garantir les relèves, la récupération, la santé et la sécurité des équipes.

Adapter globalement le modèle de sécurité civile à des crises plus fréquentes, plus intenses et désormais durables.

Ne pas oublier les interventions du quotidien

Au-delà des images spectaculaires des grands incendies, des milliers de sapeurs-pompiers continuent chaque jour à protéger les populations dans les villes, les quartiers, les villages et les zones touristiques.

Ils luttent aussi contre une souffrance plus discrète, qui ne produit pas d’images impressionnantes, mais qui mobilise durablement les services et les personnels.

Assumer une responsabilité nationale

L’intensification des incendies oblige à établir un constat rationnel et rigoureux, à identifier les points de progression et à prendre les mesures nécessaires pour être à la hauteur des missions de la sécurité civile et des attentes de la population.

Adapter maintenant la doctrine et les moyens

La lutte contre les feux d’espaces naturels est devenue un enjeu national. Elle exige des moyens humains, un financement et une organisation à la hauteur des risques auxquels sont confrontés les territoires et les personnels.

Le bon dispositif n’est pas celui qui coûte le moins cher : c’est celui qui protège le mieux.

Xavier BOY · Président fédéral de la FA/SPP-PATS